
> Accueil > Revues > 543 > Réflexions hospitalières > Un monde sans vulnérabilité ? Le consentement et ses limites
Guillaume DURAND, Docteur en philosophie de l’université de Nantes, ATER en philosophie à l’IUFM des Pays de la Loire (université de Nantes), chercheur associé au Centre Atlantique de philosophie (CAPHI) et au Centre de recherche en éducation de Nantes (CREN), Membre de la consultation d’éthique clinique au CHU de Nantes
Que serait une société humaine totalement dépourvue d’individus vulnérables? Une société constituée d’individus libres et autonomes, auto-suffisants. Si une telle représentation de la condition humaine est une utopie, c’est pourtant un tel modèle éthique et politique qui tend à devenir le modèle dominant dans nos démocraties occidentales. Dans la relation de soin, en particulier, le primat est aujourd’hui accordé à l’autonomie du patient. Que devient alors le soin abstraction faite de la vulnérabilité? Faut-il limiter la relation du médecin au patient au seul respect de l’autonomie de ce dernier, en excluant toute bienveillance et tout souci de l’autre? Le paternalisme, dans ses formes les plus douces, est-il une atteinte intolérable aux libertés individuelles? La seule présence du consentement permet-elle de légitimer une pratique quelconque?
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