Réflexions hospitalières
MAKING EVERY CONTACT COUNT
N°628 Janvier - Février 2026
Making Every Contact Count – Une expérimentation réussie au CHU d’Angers
Les enjeux actuels de financement du modèle français de protection sociale nécessitant des choix exigeants, investir le champ de la prévention représente une solution crédible et nécessaire pour limiter la tension sur la demande en soin. Dès lors, il convient d’identifier un modèle probant et transposable pour l’ensemble des acteurs du système de santé. La démarche anglo-saxonne Making Every Contact Count (MECC), que l’on pourrait adapter en français par « chaque interaction [avec un professionnel de santé] est une opportunité de prévention » répond à ces impératifs. Acteurs actuellement peu engagés dans la prévention primaire, les établissements de santé sont pourtant légitimes pour devenir un maillon de la chaîne 1. C’est l’orientation prise par le CHU d’Angers.
23/01/26
Afin de servir l’un des axes de son projet d’établissement 2020-2024, le CHU d’Angers a fait le choix, en 2021, de créer une direction en charge de la prévention, de la santé publique et des relations ville-hôpital, intervenant en binôme avec un médecin. Une première feuille de route a permis, sur la période 2021-2023, de prendre le virage de la prévention primaire en cherchant à agir de manière transversale sur les déterminants comportementaux et environnementaux, sortant ainsi du paradigme de la pathologie comme voie d’abord. En 2023, l’organisation d’un événement institutionnel – le forum « Osons la prévention ! » – a permis de construire avec le collectif hospitalier une nouvelle feuille de route à dix ans, inscrivant la démarche Making Every Contact Count (MECC) au centre de la stratégie Prévention et promotion de la santé de l’établissement.
Validée par la gouvernance au printemps 2024, elle est désormais déclinée sur l’ensemble des missions du CHU : soins, enseignement et recherche 2. La démarche MECC a le mérite de déployer une vision intégrée du patient et de sa prise en charge, reposant principalement sur les personnels paramédicaux. Concrètement, quel que soit le motif de venue, il s’agit de repérer de la manière la plus systématique possible certains facteurs de risques pour les patients, de déployer un programme d’interventions très brèves à brèves (ce qui équivaut à l’approche « repérage précoce et intervention brève » en addictologie 3) et de proposer une orientation vers un parcours de soins adapté et structuré (intra-CHU, en ville, vers des partenaires associatifs, etc.).
Il a notamment été démontré que l’intervention très brève (moins de trois minutes) délivrée par un professionnel de santé augmente significativement les chances d’arrêt du tabac, de 22 % à moins de 6 mois et de 17 % à plus de 6 mois 4. Bon nombre de services effectuent déjà, par exemple, un repérage du tabagisme de leurs patients, mais ils ne transforment pas l’information en une opportunité de dialogue avec le patient pour modifier certains comportements. Il s’agit donc ici de faire le « dernier kilomètre », en transformant le repérage des habitudes de vie néfastes des patients en une opportunité de prévention. Les 200 000 patients accueillis au CHU d’Angers chaque année constituent ainsi autant d’occasions potentielles pour agir.

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