Grand Angle
Le modèle populationnel s'affirme en France
N°629 Mars - Avril 2026
En PACA, l’ARS pilote une nouvelle dynamique de santé populationnelle
Alors que les dépenses de santé représentent 12 % du PIB en France, les parcours de soins demeurent sous-optimisés, certains patients multipliant les consultations et les actes redondants, voire inutiles. En parallèle, le vieillissement de la population accroît les besoins de santé, avec un « pic » attendu du nombre de personnes en situation de perte d’autonomie autour de 2050 en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). Ces défis appellent à renforcer la capacité de notre système de santé à mieux coordonner la prise en charge des patients atteints de maladies chroniques complexes. Les projets de responsabilité populationnelle, sous l’impulsion de l’ARS, apportent des réponses prometteuses.
11/03/26
Comment continuer à soigner toujours plus de patients, avec des traitements nécessairement onéreux, sans remettre en cause notre modèle de protection sociale ? Cette question, soulevée depuis de nombreuses années, est appelée à devenir de plus en plus centrale, alors que les maladies chroniques touchent déjà un Français sur trois et représentent 60 % des dépenses de l’Assurance Maladie. Les projections démographiques appellent à une meilleure utilisation des ressources disponibles. Cela suppose d’agir à la fois sur l’organisation des acteurs sur chaque territoire, et sur leur coordination, afin de limiter les redondances, d’éviter les actes non pertinents et de préserver notre capacité à financer les soins réellement nécessaires. Tout en faisant le pari de la prévention pour éviter ou, du moins retarder, l’apparition de nombreuses pathologies dans les années à venir.
La santé populationnelle, développée notamment au Québec, au Danemark et en Catalogne, offre une réponse pertinente à ces enjeux. Tout d’abord, parce qu’elle propose un changement de paradigme, en reposant sur une logique de santé publique centrée sur les besoins d’une population donnée, plutôt que sur la seule réponse individuelle. Ensuite parce qu’elle repose sur une gouvernance territoriale claire, associant étroitement médecine de ville, médecine hospitalière, prise en charge médico-sociale et virage domiciliaire, autour des soins mais aussi d’actions ciblées de prévention.
Ce modèle de responsabilité populationnelle, dans une logique de subsidiarité permettant d’agir au plus près des besoins, est apparu particulièrement pertinent en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le terreau était déjà favorable avec l’existence de groupements hospitaliers de territoire (GHT) dans les six départements de la région et de communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), particulièrement matures et engagées sur leur territoire. Ce modèle était par ailleurs déjà mis en oeuvre localement par la CPTS de la Riviera française, dans le cadre des expérimentations « IPEP » (incitation à une prise en charge partagée), portés par l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale de 2018, avec des incitations financières ad hoc, pour des parcours de santé complexes ou à risque de complication.
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