Réflexions hospitalières
N°629 Mars - Avril 2026
Fluidifier l’aval des urgences. Une unité d’hébergement temporaire de médecine
Pour répondre au problème de saturation de l’aval des urgences, le centre hospitalier de Valenciennes (CHV), établissement pivot du GHT Hainaut-Cambrésis, a créé en 2020 une unité d’hospitalisation de courte durée, hybride, et multispécialités. Cinq ans plus tard, cette unité a démontré son efficacité dans la fluidité des flux, la réduction des hébergements inappropriés, tout en étant équilibrée sur le plan médico-économique.
11/03/26
La saturation des services d’accueil des urgences est devenue un défi majeur pour les hôpitaux français, amplifiée par le vieillissement de la population, la fragmentation des parcours de soins, la crise sanitaire, l’évolution démographique, les pénuries de personnels médicaux et paramédicaux et la surspécialisation de certaines disciplines médicales. Ainsi, depuis 2009, l’affluence aux urgences adultes du centre hospitalier de Valenciennes (CHV) a augmenté de 50 %, atteignant 77 500 passages en 2024 1, avec comme conséquence des tensions sur les lits d’aval. En 2016, l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP) a proposé la création d’unités d’aval des urgences (UAU) pouvant être à orientation gériatrique ou polyvalente selon les spécificités de l’établissement pour des durées de séjour de 2 à 5 jours 2. Ces unités peuvent être portées par la médecine d’urgence, la médecine polyvalente, la médecine interne ou la gériatrie 3.
Le CHV, établissement pivot du GHT Hainaut-Cambrésis, s’est inscrit dans cette démarche en créant l’unité d’hébergement temporaire de médecine (UHTM) en 2020, une unité d’hospitalisation de courte durée, hybride, multispécialités, « tampon » entre les urgences et les services dits « d’étage ». Portée par le service de médecine polyvalente, ouverte du dimanche après-midi au vendredi après-midi, cette unité accueille exclusivement des patients en provenance des urgences, et ils sont hébergés pour une spécialité médicale dont les lits sont saturés, avec trois modes de sortie : une mutation dans un autre service intrahospitalier, un retour à domicile ou un transfert sécurisé vers les établissements de santé du territoire. Cette unité vise, d’une part, à désengorger les urgences en améliorant le flux intrahospitalier et, d’autre part, à réduire la perte de chance liée à des hébergements inappropriés, en offrant une réévaluation clinique approfondie des patients et une prise en charge globale holistique, aboutissant parfois à une réorientation vers une autre spécialité médicale que celle initialement définie aux urgences.
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