Grand Angle
SIX QUESTIONS À Patrick Genre
N°632 Septembre - Octobre 2026
« Les territoires doivent reprendre toute leur place dans les politiques de santé »
Les enjeux de santé s’imposent comme un facteur clé de l’attractivité des territoires. Les élus ont un rôle majeur à jouer dans la réflexion et l’organisation de la santé au niveau local. Patrick Genre, ancien maire de Pontarlier et président de la commission «Territoires et Parcours de santé» de la FHF, porte la nécessité d’adopter une approche fondée sur les réalités de terrain, afin de construire des réponses adaptées aux besoins de chaque territoire.
23/09/26
En tant qu’ancien maire, pouvez-vous nous parler de la place dévolue aux problématiques liées à la santé au niveau communal ?
Parmi tous les éléments qui participent à l’attractivité d’un territoire, la santé est sans doute le premier, avant même l’éducation. Un territoire capable d’offrir une offre de santé de qualité attire des habitants, des familles et des professionnels. Il est également important de rappeler que la santé ne se limite pas aux soins : elle inclut aussi la prévention, l’accompagnement et l’ensemble des déterminants qui contribuent à la santé des populations.
Pourtant, les élus locaux ont longtemps eu une vision relativement limitée de cette question. Je peux en parler puisque j’ai été maire pendant 31 ans. Nous avions souvent tendance à regarder uniquement la présence ou l’absence d’un médecin généraliste ou la fermeture d’un service hospitalier, notamment les maternités. En réalité, nous ne nous préoccupions de la santé que lorsqu’il y avait un problème.
Cela a beaucoup évolué ces dernières années. À mon sens, plusieurs facteurs l’expliquent. Le premier est évidemment la crise sanitaire liée au Covid-19. Elle a constitué un accélérateur majeur. Deuxième élément : les difficultés persistantes liées à la démographie médicale. Les territoires confrontés à une faible densité de médecins sont de plus en plus nombreux. Troisièmement, il existe une volonté plus forte des associations d’élus, notamment de l’Association des maires de France (AMF), de replacer la santé au coeur des débats publics.
L’AMF dispose désormais d’une commission dédiée à la santé. Enfin, les élus sont confrontés aux deux extrémités de la vie : la petite enfance d’un côté et le grand âge de l’autre. À travers les compétences sociales des communes et des centres communaux d’action sociale (CCAS), ils sont directement concernés par ces enjeux. C’est pourquoi je considère que les élus doivent se réapproprier un rôle important dans la réflexion et l’organisation de la santé au niveau local.
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