Le Cahier TH

N°631 Juillet - Août 2026

Médicaments non utilisés : entre expérimentation de redispensation et impératif de bon usage

La France génère un volume très important de médicaments non utilisés, tant en ville qu’à l’hôpital, avec des conséquences économiques, écologiques et organisationnelles majeures. La LFSS 2026 ouvre une expérimentation pour tester la redistribution sécurisée de certains médicaments, dont les résultats seront déterminants pour juger de l’opportunité d’une éventuelle généralisation. Une opportunité qui ne doit pas faire perdre de vue l’essentiel : le bon usage et la coordination des acteurs.

Retour de la table ronde « Redispensation des produits de santé non utilisés : comment faire passer la pilule ? », organisée par la FHF lors de la Journée de la transformation écologique en santé le mercredi 25 mars 2026 à Paris.

En présence de
Dr Frédéric Benizri Pharmacien à l’Institut Paoli-Calmettes à Marseille
Dr Céline Bouglé Pharmacien hospitalier coordonnateur, OMéDIT Normandie
Dr Benoit Hue Pharmacien hospitalier, CHU de Rennes, Syndicat Synprefh
Anne Lesquelen Cheffe du bureau produits de santé en établissements de santé, DGS
Dr Valérie Salomon Directrice des métiers scientifiques, ANSM
Pr Valérie Sautou Ancienne cheffe du pôle pharmacie, directrice de la transformation écologique, CHU de Clermont-Ferrand
Claire Traon Directrice de mission transition écologique et santé environnementale, CNAM

Propos recueillis et croisés par Nadia Bastide-Sibille, rédactrice en chef adjointe

06/07/26

Sur une semaine, une officine récupère l’équivalent d’environ 1 173,94 € de médicaments non utilisés, représentant en moyenne 13 tonnes équivalent CO₂, selon l’étude1 menée par l’observatoire des médicaments, dispositifs médicaux et innovations thérapeutiques (OMéDIT) Normandie auprès de 85 officines. À l’hôpital, l’enquête nationale conduite sur une semaine auprès de 210 établissements par le réseau des OMéDIT (RésOMéDIT) et le Comité pour le développement durable en santé (C2DS) évalue les déchets issus des médicaments (DIMED) à 707 591 euros et 122 tonnes d’équivalent C02, dont respectivement 25 % des coûts et 10 % de l’empreinte carbone sont imputables aux médicaments non utilisés (MNU)2. Ces chiffres, présentés par le Dr Bouglé, coordonnatrice de l’Omedit Normandie, pointent le double enjeu économique3 et environnemental4 soulevé par les médicaments non utilisés (MNU).


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