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N°627 Novembre - Décembre 2025

Nommer, soigner, figer ? Usages et mésusages du diagnostic en pédopsychiatrie

Dans le contexte d’une augmentation exponentielle de la prévalence de certaines catégories diagnostiques et d’une demande croissante de reconnaissance, une lecture critique des usages contemporains du diagnostic s’impose. Cet article propose une réflexion croisée sur l’acte diagnostique. Il plaide pour une nomination prudente, contextualisée et dialogique, qui prend en compte la complexité des trajectoires individuelles autant que les enjeux institutionnels, sociaux et familiaux qui les traversent.

Dr Steve Vilhem Institut des humanités en médecine (UNIL), centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), université de Lausanne – Laboratoire de psychologique clinique, psychopathologie, psychanalyse (PCPP), école doctorale 261, université Paris Cité – Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (SPEA), hôpitaux universitaires de Genève (HUG) – Psychiatrie du développement et trajectoires, Inserm U1018, CESP, hôpital Cochin, maison de Solenn, Paris
Dr Thomas Her Psychiatrie du développement et trajectoires, Inserm U1018, CESP, hôpital Cochin, maison de Solenn, Paris – Service de pédopsychiatrie, CH Simone-Veil, Blois

Les auteurs ont contribué de manière égale à la rédaction de cet article.

En collaboration avec la Chaire de Philosophie à l’Hôpital

26/11/25

Pourquoi le nombre de diagnostics en pédopsychiatrie augmente-t-il si fortement ces dernières années ? Cette inflation diagnostique exige une lecture critique. En prenant l’exemple de l’autisme, dans un contexte d’élargissement des critères diagnostiques, les chiffres explosent : de 3 pour 10 000 en 1980 à 1 pour 100 en 2010, certaines statistiques atteignent désormais des sommets, par exemple à près de 1 pour 20 en Californie aujourd’hui 1. L’exemple du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est tout aussi frappant : des études rapportent aujourd’hui des taux de prévalence allant jusqu’à 20 % chez les enfants d’âge scolaire 2. Cette inflation soulève des inquiétudes sur un usage extensif du diagnostic, parfois posé malgré l’absence de critères pleinement remplis.


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