Réflexions hospitalières
N°629 Mars - Avril 2026
Soigner un proche. Une prise en charge comme une autre ?
Dans les hôpitaux, les situations de prise en charge d’un proche d’un personnel hospitalier ou d’un personnel lui-même dans les services sont fréquentes. Ces situations, qui ne sont pas anodines, et souvent source de difficultés, conduisent à interroger le bien-fondé de ces prises en charge, sur leur cadre réglementaire, les implications déontologiques et éthiques, et sur leurs répercussions sur les équipes de soin.
11/03/26
La relation entre le soignant et le patient est fondée sur la confiance, l’objectivité et la confidentialité, des principes difficiles à maintenir lorsqu’il existe un lien personnel. Les décisions cliniques doivent être fondées sur des preuves et des standards professionnels, sans être influencées par des sentiments personnels, ce qui nécessite une véritable distance thérapeutique. Le secret professionnel s’impose à tout soignant, comme le rappelle le Code de déontologie infirmier (articles R.43125 et R.431232), qui insiste également sur la responsabilité individuelle et l’indépendance indispensable à la qualité des soins.
Le serment d’Hippocrate, tout comme le Code de déontologie médicale, rappelle que le médecin doit soigner toute personne sans discrimination, tout en préservant son indépendance. Ainsi la loi ne contre-indique pas la pratique d’un acte à l’attention d’un membre de sa famille. Toutefois, l’article 7 du Code de déontologie médicale souligne que l’objectivité du médecin peut être altérée par ses liens affectifs, questionnant la capacité d’un professionnel à rester neutre lorsqu’il soigne un proche. À l’international, plusieurs instances – notamment l’American Medical Association, l’Association médicale canadienne et l’Ordre professionnel des médecins anglais – recommandent d’éviter de soigner ses proches, sauf en cas d’urgence ou d’absence de praticien disponible. L’Association médicale mondiale rappelle également dans son manuel d’éthique médicale de 2015 qu’un engagement émotionnel envers un patient peut nuire au jugement clinique.
Article réservé aux abonnés
Envie d’un accès illimité à tout le contenu ?
Abonnez-vous pour accéder à tous les contenus en ligne et recevoir un numéro du magazine papier tous les deux mois.

