Le Cahier TH

N°630 Mai - Juin 2026

Vers une conception partagée : l’indispensable dialogue architecte/soignant

Dans un contexte de montée des besoins en santé mentale, plusieurs retours d’expérience montrent que des environnements adaptés au sein de services de psychiatrie peuvent réduire les tensions, soutenir les pratiques soignantes et améliorer l’expérience des patients comme des professionnels. Cela suppose toutefois l’instauration d’un dialogue structuré et durable entre psychiatres, architectes et gouvernance hospitalière.

Christophe Schmitt Pédopsychiatre, responsable médical de l’unité pour adultes autistes et apparentés, président de la CME, responsable du département de l’information médicale à l’EPSM Metz Jury, copilote du Groupe d’appui
et de conseil en architecture psychiatrique (GACAP)

Bruno Laudat Architecte, membre fondateur du GACAP, ancien coprésident de la commission Architecture et psychiatrie de l’Union des architectes francophones pour la santé (UAFS).

Jérôme Terlaud Architecte, membre de l’UAFS, membre fondateur du GACAP et ancien coprésident de la commission Architecture et psychiatrie de l’UAFS

Propos recueillis et croisés par Nadia Bastide-Sibille, rédactrice en chef adjointe, 25 mars 2026

11/05/26

En continu

Village des architectes
Village Construction & Ingénierie

Les bâtiments hospitaliers dédiés aux services de psychiatrie nécessitent une architecture à taille humaine, garantissant la sécurité mais aussi la liberté de circulation des patients. Espaces extérieurs, lieux de convivialité, de rencontres et de partages, accueil des familles et de l’entourage, sont autant de prérequis nécessaires à la conception d’un tel service 1. Le centre hospitalier Jean Titeca, à Bruxelles, en est un exemple notable, situé en ville avec un accès vers l’extérieur, avec des espaces décloisonnés, gommant la sensation d’enfermement. « Lorsque l’espace est libre, la parole l’est également », partage Bruno Laudat. Pourtant, encore trop souvent aujourd’hui, la conception de ces services ne diffère pas de celle de l’ensemble de l’hôpital. « Idéalement, les espaces devraient être imaginés autrement, mais les projets aboutissent souvent à reproduire les standards présents dans la majorité des hôpitaux », déplore Christophe Schmitt. Et ce d’autant plus en environnement urbain, où chaque mètre carré compte. La cause ? « Dans de nombreux cas, la démarche est inversée : des décisions de construction ou de réhabilitation sont prises avant même d’avoir défini un véritable projet médico- soignant », constate le psychiatre.


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