Actualités
N°629 Mars - Avril 2026BAROMÈTRE DE L’ACCÈS AUX SOINS
La santé des femmes. Quand prendre soin des autres fait s’oublier soi-même
Un an après une première étude confirmant l’impact des biais sexistes sur les diagnostics et les soins*, la nouvelle enquête FHF/Ipsos** met en lumière un paradoxe préoccupant : celles qui s’occupent le plus de la santé des autres sont aussi celles qui prennent le moins soin de la leur. « À l’occasion de la Journée internationale du droit des femmes 2026, cette enquête nous rappelle une responsabilité collective : mieux prendre en compte la santé des femmes, encore trop souvent invisibilisée », affirme Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF.
Une charge mentale et sanitaire
La quasi totalité des femmes interrogées déclare prendre en charge au moins une tâche liée à la santé du foyer. Une responsabilité qui a un impact négatif sur le bienêtre et l’équilibre psychologique de près de six femmes sur dix, une proportion qui atteint huit femmes sur dix chez les mères de moins de 30 ans.
Une santé reléguée au second plan
Près d’un quart des femmes déclare ne jamais ou rarement effectuer les dépistages suggérés (frottis cervicoutérin, mammographie). Et plus de six femmes sur dix ne réalisent pas systématiquement leur examen de contrôle gynécologique. Des chiffres qui mettent en évidence des difficultés persistantes en matière de prévention, en particulier chez les jeunes.
Un déficit d’écoute et d’information
Plus de deux femmes sur cinq déclarent avoir déjà subi une minimisation ou une banalisation de leurs douleurs par un professionnel de santé parce qu’elles étaient une femme. Une réalité particulièrement vécue par les femmes de moins de 30 ans (69 %). En parallèle, le sentiment de ne pas être suffisamment écoutée et informées par les professionnels de santé accompagne une partie des femmes à différentes étapes de leur vie, notamment à la puberté, après une grossesse ou au moment de la ménopause.
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N°629 Mars - Avril 2026RAPPORTS IGAS/IGF
L’urgence de repenser durablement l’organisation des soins dans les territoires
Dans deux rapports publiés le 18 février, les Inspections générales des affaires sociales (IGAS) et des finances (IGF) objectivent les déterminants de la situation financière des établissements de santé et préconisent un plan de consolidation de l’hôpital public à l’échelle des GHT. Le rapport 2025007R de l’IGAS évalue l’impact financier des revalorisations salariales du Ségur de la santé, des mesures pour soutenir le pouvoir d’achat des fonctionnaires et du coût de la forte inflation des années 2022 et 2023. L’IGAS aboutit à l’estimation d’un sousfinancement annuel cumulé de 1,7 Md€ à fin 2024, hors impact de l’inflation. Le rapport IGFIGAS décrit une « situation financière d’une gravité inédite » pour les établissements publics de santé, cinq ans après la crise Covid. Face à cette situation les auteurs recommandent « une transformation de l’organisation hospitalière territoriale [et] un changement d’échelle ».
Un plan de consolidation qui serait ainsi « piloté à l’échelle nationale par le Premier ministre, décliné à l’échelle régionale par les ARS en engageant les GHT à travers des contrats de consolidation préparés et signés par eux ». Dans un communiqué publié le 19 février, la FHF prend acte des conclusions du rapport de l’IGAS qui « valide les ordres de grandeur avancés par la FHF en matière de sous-financement des mesures de ressources humaines », même si elle regrette que la mission n’ait pas pu être « pleinement conclusive quant au sous-financement lié à l’inflation ».
En parallèle, la FHF estime qu’une part significative des constats relatifs à la productivité doit « être recontextualisée à l’aune de la reprise observée en 2024 et 2025, marquée par une croissance de l’activité de + 4 % ». Elle rappelle que « malgré un cadre budgétaire extrêmement contraint, l’hôpital public continue de démontrer sa performance ». Face à la dégradation des comptes hospitaliers, « la consolidation du système de santé appelle des réformes profondes de son organisation et de son pilotage », avec des solutions « avant tout territoriales » affirme la FHF, qui appelle à « ouvrir un débat responsable, fondé sur les faits, au service de l’accès aux soins et de la pérennité du système de santé ».
Rapport IGAS 2025-007R/Rapports IGF 2025-E-023-02/IGAS 2025-030R, publiés le 18/02/2026.
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N°629 Mars - Avril 2026DREES
Élargir l’offre médico-sociale : un impératif à l’horizon 2050
En 2050, près de 23 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus vivront en France, soit 5 millions de plus qu’en 2021. 738 000 personnes supplémentaires seraient en perte d’autonomie en 2050. En se basant sur ces projections (données du modèle Lieux de vie et autonomie [LIVIA] rendues publiques en décembre 2025), la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) évalue les besoins à venir.
Selon cette étude, conserver les pratiques actuelles d’entrée en Ehpad des personnes âgées en perte d’autonomie supposerait de créer 365 000 places supplémentaires entre 2021 et 2050, qui s’ajouteraient aux 640 000 existantes en 2021. À défaut, les Ehpad seraient contraints de se spécialiser dans l’accueil des personnes âgées les moins autonomes et le besoin d’habitat intermédiaire pour les seniors serait alors multiplié par 4,6 d’ici à 2050.
En parallèle, le nombre de personnes âgées qui vivent en logement ordinaire ou en résidence autonomie bénéficiant de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile augmenterait de plus de 60 %. Le nombre d’emplois en équivalent temps plein (ETP) d’aides à domicile suivrait la même tendance. Au total, pour prodiguer les soins de base aux personnes âgées en perte d’autonomie à domicile ou en Ehpad, entre 150 000 et 200 000 emplois supplémentaires seraient nécessaires en 2050.
Drees, Études et résultats, n° 1365, 05/02/2026
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N°629 Mars - Avril 2026CCNE
États généraux de la bioéthique 2026
Le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) a lancé fin janvier les États généraux de la bioéthique 2026. Démarche nationale de réflexion collective, ces États généraux sont une des étapes préalables à la révision de la loi de bioéthique, qui a lieu tous les sept ans, la dernière datant de 2021.
Présidée par JeanFrançois Delfraissy, cette édition accorde une place renforcée aux jeunes (à travers des outils et formats adaptés, notamment numériques), et aux territoires (afin que le débat prenne en compte la diversité des situations locales, y compris en outremer). De nouveaux champs de réflexions seront ouverts en 2026 : la sobriété en médecine, les enjeux de la prévention en santé, et la santé en outremer. Lancés en janvier, les débats auront lieu jusqu’en mai. En juin, une publication de la synthèse des contributions citoyennes sera rendue publique, avant la publication de l’avis du CCNE, prévue à l’automne.
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N°629 Mars - Avril 2026ACTEURS DE LA FRENCH CARE
Next Gen Leaders en santé, lauréats 2026
Les Acteurs de La French Care ont lancé en 2025 le programme Next Gen Leaders en Santé, visant à identifier et promouvoir les jeunes talents qui transforment le secteur de la santé dans cinq domaines : Académique, Biotech, Medtech, Numérique en Santé et Système de Santé. Le jury, composé d’acteurs publics et privés du secteur (notamment Bpifrance, la FHF, PariSanté Campus et l’AIS) ont désigné les lauréats 2026 lors d’une soirée dédiée le 5 mars à PariSanté Campus.
Parmi ces derniers, dans la catégorie « système de santé », Julie Dupouy, médecin généraliste et professeure des universités, est reconnue pour ses travaux visant à améliorer la prise en charge des patients vulnérables et à structurer la recherche en soins primaires, aux niveaux local, régional et national. Dans cette même catégorie, Nicolas Salvi, directeur du CH de Valenciennes, du CH de Fourmies et du GHT des Hôpitaux Hainaut Cambrésis, est primé pour sa politique RSE intégrant durablement la transition environnementale.
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N°628 Janvier - Février 2026VOEUX FHF
La santé, pilier essentiel du lien social et du pacte républicain
Le 13 janvier, la traditionnelle cérémonie des voeux de la Fédération hospitalière de France s’est tenue en présence de David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État. Arnaud Robinet, président de la FHF, l’affirme, « la santé ne se réduit pas au système de soins, mais constitue un pilier essentiel du lien social et du pacte républicain ».
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N°628 Janvier - Février 2026INFOGRAPHIE
Venons-en aux faits
La FHF publie début janvier un livret dédié aux chiffres clés de l’hôpital, démontrant la performance de l’hôpital qui prend en charge chaque année 540 000 naissances, 100 % des greffes, 85 % des séjours de réanimation et plus de 80 % des cancers pédiatriques. Moteur de l’excellence médicale, il fonctionne sans faiblir malgré les contraintes budgétaires et orchestre plus de 200 métiers. Une performance qui « n’est pas seulement structurelle : elle est dynamique. En 2024 et 2025, l’activité progresse d’environ 4 %, tandis que l’absentéisme recule. Un cercle vertueux s’installe », rappelle Arnaud Robinet, président de la FHF, lors de la conférence de presse du 13 janvier.
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N°628 Janvier - Février 2026GRANDE CAUSE NATIONALE
« Parlons santé mentale ! » Un mot d’ordre réaffirmé en 2026
Annoncée par Michel Barnier en septembre 2024, puis officiellement lancée en janvier 2025, la grande cause nationale labellisée « Parlons santé mentale ! » sera prolongée en 2026*. En choisissant de confirmer l’engagement des pouvoirs publics en ce sens, le Gouvernement envoie un signal fort aux patients et à leurs proches. L’appel de 1 500 personnalités issues du monde hospitalier public et du secteur psychiatrique mobilisés ces dernières semaines derrière la FHF** a été entendu. Si les efforts de l’année passée ont déjà permis de faire bouger les lignes, l’urgence de la psychiatrie s’aggrave, en particulier pour les jeunes.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « En 2024, le recours aux soins hospitaliers chez les 5-19 ans était supérieur aux attendus de 32 % pour les séjours de médecine pour pathologie psychiatrique, et de 25 % pour le champ toxicologie, intoxication, alcool. Au global, un tiers des 11-24 ans déclare des signes de détresse psychologique de type anxio-dépressif modéré à sévère d’après une étude inédite de Santé publique France conduite sur 17 000 jeunes pendant plusieurs années ». La FHF l’affirme, « nous avons le devoir d’agir », et ce « à la hauteur de la détresse de notre jeunesse » **. Le comité FHF Psychiatrie poursuit ses actions, notamment via la prolongation du programme de déstigmatisation de la psychiatrie « La tête haute » initié en 2025, en partenariat avec la Casden Banque Populaire***.
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N°628 Janvier - Février 2026SANTEXPO 2026
A vos candidatures !
Cette année encore, de nombreux prix seront remis par la Fédération hospitalière de France et le Fonds FHF lors du congrès SantExpo qui se tiendra du 19 au 21 mai 2026 à Paris, Porte de Versailles. Tous ont pour vocation de mettre en lumière des initiatives d’établissements de santé, sanitaires et médico-sociaux publics. Vous trouverez ci-dessous les dates et modalités de candidature pour chacun d’entre eux. À vous de jouer !
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N°628 Janvier - Février 2026COUR DES COMPTES
Évolution démographique : quels impacts sur les finances publiques ?
Dans un rapport publié le 2 décembre, la Cour des comptes souligne que le vieillissement rapide de la population française, lié à la baisse de la natalité et à l’allongement de l’espérance de vie, aura des effets majeurs et insuffisamment anticipés sur la croissance, les recettes publiques et la structure des dépenses.
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N°628 Janvier - Février 2026STRATÉGIE NATIONALE
Lutte contre la désinformation
La ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Ris, a lancé le 12 janvier la stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé. Cette stratégie en quatre axes reposera sur un dialogue renforcé avec la société civile, la mise en place d’un observatoire de la désinformation en santé et d’un dispositif d’infovigilance, et le renforcement de l’éducation critique à la santé, notamment chez les jeunes.
Cette stratégie s’appuie sur le rapport de la mission d’expertise de lutte contre la désinformation en santé confiée le 17 août par Yannick Neuder, alors ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, au Pr Mathieu Molimard, médecin et pharmacologue au CHU de Bordeaux, au Pr Dominique Costagliola, spécialiste des biostatistiques et directrice de recherche émérite à l’Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique à Paris, et au Dr Hervé Maisonneuve, médecin de santé publique de formation.
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N°628 Janvier - Février 2026DREES
Le profil des proches aidants à domicile
En mobilisant le volet « Aidants » de l’enquête Autonomie-Ménages 2022 (6 000 personnes de 5 ans ou plus résidant en France métropolitaine), la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et l’Institut des politiques publiques (IPP) publient une étude portant sur les caractéristiques des aidants et de l’aide apportée.
11 % de la population proche aidante
En 2022, 7,1 millions de personnes, soit 11 % de la population âgée de 5 ans ou plus, sont proches aidants. Les aidants sont majoritairement des femmes (58 %) et accompagnent le plus souvent un parent (35 %), un conjoint (24 %) ou un enfant (19 %). Trois aidants sur dix accompagnent leur proche sans aucun autre co-aidant (proches, professionnels ou bénévoles).
Les aidants sur tous les fronts
L’aide régulière apportée par les proches aidants peut prendre plusieurs formes : soutien moral (95 % des aidants), aide à la vie quotidienne (83 %) et aide financière ou matérielle (42 %). Un tiers des aidants cumulent les trois formes d’aide. En parallèle, huit proches aidants d’âge actif sur dix travaillent, sont en recherche d’emploi ou étudiants. Presque la moitié a aussi un enfant à charge qui n’est pas l’aidé.
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N°628 Janvier - Février 2026GTSMS
Le décret d’application enfin publié !
Le décret n° 2025-1 394 du 29 décembre 2025 fixe les modalités d’applications des groupements territoriaux sociaux et médico-sociaux (GTSMS), introduits par la loi Bien Vieillir du 8 avril 2024. Ce décret, très attendu par le secteur, définit le cadre réglementaire applicable aux GTSMS (missions, constitution, gouvernance, modalités de retrait / dissolution, dispositions budgétaires et comptables). Une nouvelle sous-section spécifique, dédiée aux GTSMS, est créée dans la partie réglementaire du Code de l’action sociale et des familles.
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N°628 Janvier - Février 2026CNSA
Une consolidation nécessaire, selon la Cour des comptes
La Cour des comptes a publié le 19 décembre son rapport sur la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) pour la période 2020-2024. Créée par la loi du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées, la CNSA est devenue en 2021 gestionnaire de la nouvelle branche Autonomie du régime général de la sécurité sociale. Depuis 2020, plusieurs réformes ont contribué à transformer la branche Autonomie et à accroître les missions de la CNSA, qui a vu ses moyens humains presque doublés en 5 ans (213 ETP prévus en 2026 contre 125 en 2021). En revanche, s’ils restent encore très réduits au regard de ceux des autres caisses nationales de sécurité sociale, la CNSA ne dispose pas, contrairement aux autres caisses nationales (assurance maladie, assurance vieillesse et allocations familiales) d’un réseau de caisses locales. Le rapport de la Cour intervient au moment où doit se préparer la prochaine convention d’objectifs et de gestion (COG), qui couvrira le début de la période où se feront ressentir les effets du vieillissement de la population.
La Cour pointe des « fragilités préoccupantes » à travers plusieurs constats, dont une situation financière qui, « sans être critique, pâtit d’un dynamisme de ses dépenses supérieur à celui de ces recettes », un « degré d’externalisation des missions et des achats, notamment dans le domaine des systèmes d’information, très élevé » et des systèmes d’information qui « présentent des risques importants ». La Cour formule huit recommandations, parmi lesquelles le décalage à 2032 du terme de la prochaine COG, pour l’aligner sur le calendrier des autres caisses du régime général, le renforcement de la gouvernance stratégique des achats et la mise en place d’une direction comptable et financière conforme aux règles du Code de la sécurité sociale.
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N°628 Janvier - Février 2026BAROMÈTRE
IA à l’hôpital
A l’occasion de ses universités d’été qui se sont tenues le 3 septembre, la FHF dévoilait un baromètre inédit afin de factualiser la réalité de l’IA à l’hôpital et dans les structures médico-sociales, et pointait la nécessité d’une gouvernance dédiée dans les établissements. Quelques semaines plus tard, le baromètre publié le 11 novembre par UniHA, réalisé par l’Ifop en partenariat avec CAIH et Acteurs publics, confirme les usages, les bénéfices attendus, mais aussi les contraintes rencontrées par les professionnels hospitaliers face à l’IA.
Les principaux usages ainsi recensés sont l’analyse d’imagerie médicale (29 %), la rédaction de comptes-rendus (23 %) et l’aide au diagnostic (15 %). Si, avec 1 051 agents hospitaliers répondants, cette étude, menée entre le 23 juin et le 26 septembre 2025, montre une perception majoritairement positive de l’arrivée de l’IA à l’hôpital (54 % des répondants estiment qu’elle améliore l’efficacité des processus administratifs, tandis que 44 % considèrent qu’elle contribue à réduire la charge de travail), plusieurs freins ralentissent encore son développement.
Ainsi, 52 % évoquent des enjeux éthiques ou de sécurité, 42 % expriment des doutes sur la fiabilité des résultats et 38 % dénoncent des lenteurs administratives. La formation est également un enjeu majeur, avec 62 % des professionnels estimant avoir une connaissance limitée de l’IA.
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