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N°624 Mai - Juin 2025RESAH

Optimiser ses achats : un guide à destination des Ehpad

La complexité juridique et technique de la fonction achat, associée à un manque de moyens, rend difficile leur optimisation sans un accompagnement spécifique. La mutualisation des achats, mais aussi des expertises, est la piste explorée par le guide « Les Achats des Ehpad : gagner en efficience grâce à la mutualisation » publié par le Resah le 23 avril. Enrichi de retours d’expérience terrain, cet ouvrage a pour objectif d’accompagner les acteurs publics du secteur du bien-vieillir dans leur recherche d’une meilleure gestion et performance de leurs achats, tout en tenant compte de leurs réalités. Ce guide accompagne le lancement du plan Resah Autonomie proposé par les équipes de la centrale d’achat et de son centre de ressources et d’expertise pour accompagner les acteurs du médico- social vers une professionnalisation et une meilleure performance de leurs achats.

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N°624 Mai - Juin 2025

La programmation en santé, une nécessité

L’affluence inédite de SantExpo 2025 nous montre, à nouveau, à quel point les enjeux de santé publique concernent et interpellent l’ensemble des acteurs. Cinq ans après les débuts de la pandémie de la Covid, les nuages persistent à l’horizon, car si l’hôpital est en tension, c’est bien parce que notre système de santé dans sa globalité est en tensions chroniques, notamment pour l’accès aux soins, la continuité et la permanence des soins, avec des phases récurrentes aiguës sur des périodes bien ciblées. Nous faisons face aux défis de notre temps, tels le vieillissement de la population, l’explosion des maladies chroniques, le caractère évitable de certaines pathologies, mais également les transitions écologiques et sociétales, dans un contexte économique et politique porteur de contraintes accrues et inédites. Face à ces enjeux, la programmation en santé est une nécessité politique et une évidence que tous les acteurs appellent de leurs voeux. D’autres secteurs stratégiques de la nation, comme la défense, la justice ou l’intérieur, se sont déjà engagés dans une planification budgétaire et structurelle sur plusieurs années. Il est temps que la santé, composante essentielle de notre souveraineté en tant que Nation, en bénéficie également. Par la programmation, il s’agit de bâtir une vision de long terme, sur la base d’objectifs de santé publique mesurables, afin d’améliorer durablement l’accès aux soins, d’agir sur la pertinence des prises en charge, d’organiser le virage préventif, de former en nombre suffisant les professionnels de santé de demain ou encore de soutenir la recherche. À cette fin, et dans la continuité du livre blanc Agir maintenant pour bâtir la santé de demain rendu public en mai 2024, la FHF a conçu un cadre de loi de programmation en santé, notamment présenté et remis aux ministres Catherine Vautrin et Yannick Neuder à l’occasion de SantExpo 2025. Soigner, ce n’est pas seulement guérir, c’est aussi prévenir et tenir compte des besoins et des priorités de santé publique de long terme. Le temps des constats est révolu et doit laisser place à celui de l’action, dans un souci d’efficacité, de soutenabilité et de durabilité, pour toujours mieux répondre aux besoins de santé des Françaises et des Français.

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N°617 Mars - Avril 2024

À la croisée des chemins

Depuis 2021, la FHF et l’institut Covid-19 Ad Memoriam dédient le 17 mars, date anniversaire du premier confinement, à la célébration de l’engagement des soignants, et au débat sur l’évolution du système de santé. Cette année, nous avons présenté à cette occasion le premier baromètre sur l’accès aux soins, en partenariat avec France Info. Quatre ans après le début de la pandémie, notre système de santé est en pleine mutation. L’activité hospitalière a repris sa progression en 2023. Dans plusieurs territoires, les recrutements sont en hausse. Mais derrière la dynamique d’ensemble se cachent des disparités préoccupantes. Les chirurgies lourdes et certaines activités de médecine restent bien en deçà du niveau attendu. Et 3,5 millions de séjours d’hospitalisation n’ont pas eu lieu entre 2019 et 2023. Ce sous-recours aux soins pose question. Les causes peuvent être multiples, évolution des techniques et des organisations, effets des politiques de prévention mais aussi, nous le savons bien, tensions sur les capacités d’hospitalisation, manque de lits d’aval, voire renoncement à certains soins, un phénomène en progression. Ces données, inquiétantes, nous conduisent à penser qu’il subsiste, depuis la pandémie, une dette de santé publique qui se concentre sur les hospitalisations complexes, les pathologies les plus lourdes, qui sont celles pour lesquelles le rôle de l’hôpital public est central et irremplaçable. Une fois le diagnostic posé, l’enjeu est de répondre aux défis, en poursuivant la transformation du système de santé. Les CHU et CH sont mobilisés pour relancer l’activité, et il faut que les pouvoirs publics les y aident sur le terrain, en facilitant une meilleure coordination en amont et en aval de l’hospitalisation. La hausse tarifaire annoncée le 26 mars est un signe positif important de soutien des hospitaliers et filières prioritaires, que nous attendions, et qui devra se poursuivre en 2025. En cette année de centenaire, la FHF est force de propositions pour répondre aux défis actuels et futurs de notre système de santé. Début avril, a été publié un premier livre blanc sur l’avenir de la psychiatrie. À l’occasion de SantExpo, nous présenterons les orientations que nous jugeons essentielles, élaborées avec de nombreux professionnels de terrain et discutées avec l’ensemble des acteurs de la santé. Puis, tout au long de l’année, nous proposerons des mesures très concrètes, sur les financements, les métiers, les innovations ou la recherche. En particulier, alors que la proposition de loi Bien vieillir a été définitivement adoptée fin mars et que la situation budgétaire des Ehpad publics est plus dégradée que jamais, nous demandons des réponses urgentes en termes de financement et de recrutement. Bâtir la santé de demain passe aussi par là.

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N°623 Mars - Avril 2025

Au défi de nos valeurs

Sanitaire, climatique, géopolitique : la menace change de visage, mais l’hôpital public reste en première ligne. Fidèle à ses valeurs d’égalité, de solidarité et d’excellence, il accueille chaque jour, chaque nuit, toutes celles et ceux qui frappent à sa porte. Et pourtant, derrière cet engagement sans relâche, le système de santé continue de se craqueler sous de multiples pressions. La deuxième édition du baromètre de l’accès aux soins publiée par la FHF, cinq ans après le premier confinement, en témoigne : malgré une activité qui retrouve des couleurs, certaines spécialités médicales et la chirurgie de recours restent en dette de santé publique. L’accès aux soins, loin de s’améliorer, continue de se dégrader et tous les voyants sont au rouge sur le plan budgétaire. À cette crise d’accès s’ajoute une crise des inégalités. Deux sondages Ipsos/FHF réalisés en 2025 le montrent : les inégalités de genre persistent dans le soin, en particulier chez les femmes de moins de 35 ans qui, comme leurs aînées, voient leur santé porter toujours les stigmates d’une médecine historiquement pensée par et pour les hommes. Les questions liées à la psychiatrie restent, quant à elles, taboues et l’accès aux soins pour les personnes concernées s’en ressent douloureusement. Ces réalités inacceptables fragilisent notre système de santé. L’hôpital public, rempart de l’égalité d’accès aux soins et de l’excellence pour toutes et tous, tient bon. C’est non seulement une question de droits, mais aussi une question de santé publique. Rien ne pourra être fait sans des moyens adéquats. Rien ne sera possible sans une programmation pluriannuelle ambitieuse. Car protéger notre hôpital public, c’est protéger nos valeurs. Des valeurs d’égalité d’accès, de solidarité, d’accessibilité et d’acceptabilité. Bien plus que des principes, ce sont des repères fondamentaux qui doivent continuer à orienter toutes nos actions et recherches de solutions. Rendez-vous à SantExpo 2025 pour réaffirmer ces valeurs comme un cap indispensable pour faire de chaque progrès un gain pour la société.

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N°623 Mars - Avril 2025

Santé des femmes : des inégalités persistantes

Dans une médecine historiquement pensée pour et par les hommes, tabous, biais sexistes, inégalités de prise en charge et violences restent des réalités. En cette année de cinquantenaire de la loi Veil, l’enquête Ipsos/FHF souligne l’urgence d’une prise de conscience collective. L’hôpital est en tête de proue pour repenser le parcours de soin et offrir un soutien adapté aux femmes, à chaque étape de leur vie. Un combat qui suppose de changer les mentalités, de lutter contre les stéréotypes et de rester toujours en alerte sur la protection des droits.

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N°623 Mars - Avril 2025

Psychose dans l’institution – Prolonger les lignes du jeu de go

Qu’est-ce qu’un jeu de plateau peut offrir à la rencontre avec des sujets psychotiques ? Et, au-delà, comment l’organisation d’un service peut-elle avoir un effet sur les patients qu’il accueille ? Cet article explore l’articulation entre la psychose, l’institution du soin et le jeu de go.

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N°623 Mars - Avril 2025

Un parcours de soin innovant pour les patients atteints d’insuffisance rénale

Depuis septembre 2019, l’association Santélys, spécialisée dans la santé et le maintien à domicile, propose un parcours de soins expérimental permettant d’assurer un traitement conservateur à domicile à l’intention des patients en insuffisance rénale chronique terminale (IRCT) pour lesquels la dialyse n’est pas retenue. Ce parcours a été élaboré dans le cadre de l’article 51, en partenariat avec le réseau Nephronor, réseau de prise en charge de l’insuffisance rénale chronique dans les Hauts-de-France.

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N°623 Mars - Avril 2025

Développer les établissements de santé et les campus sans tabac en France

Des progrès restent à faire pour réduire la consommation de tabac en France et les dépenses de soin associées. Parmi les mesures efficaces, les lieux sans tabac (extérieurs) font partie des recommandations de l’OMS et des plans nationaux de lutte contre le tabac. Or, notre pays est en retard sur leur déploiement. Cet article fait le point sur l’importance de développer massivement des espaces sans tabac dans les lieux de santé et d’enseignement supérieur qui accueillent des soignants, des patients et des étudiants.

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N°623 Mars - Avril 2025

Panorama de jurisprudence

Les poursuites devant les juridictions financières ne relèvent pas du champ de la protection fonctionnelle des fonctionnaires Conseil d’État, 29 janvier 2025, n° 497840 La présente décision du Conseil d’État vient clore un débat ouvert dans les suites de la réforme de la responsabilité financière des gestionnaires publics (ordonnance n° 2022-408 du 23 mars 2022) sur la possibilité pour un fonctionnaire attrait devant une juridiction financière de bénéficier de la protection fonctionnelle prévue à l’article L.134-4 du Code général de la fonction publique. Dans une note n° 360/24/SG du 2 avril 2024, le secrétariat général du Gouvernement avait conclu à l’impossibilité d’accorder la protection fonctionnelle, les poursuites engagées sur le fondement des articles L 131-9 à L.131- 15 du Code des juridictions financières en cas de faute grave susceptible d’entraîner un préjudice financier important ne relevant pas du champ de la protection fonctionnelle. La note invitait en conséquence les administrations à refuser l’octroi de la protection fonctionnelle pour ce type de poursuites, même s’il était précisé que l’administration pouvait néanmoins, dans les cas où la défense de l’agent mis en cause rejoignait l’intérêt du service, mobiliser ses ressources internes pour lui prêter assistance (conseil juridique, fourniture d’informations, recherche dans les archives papier ou numérique, préparation aux auditions). Saisi d’un recours en annulation de la note, le Conseil d’État, contre l’avis de son rapporteur public, confirme la position du secrétariat général du Gouvernement. Il rappelle tout d’abord que la protection fonctionnelle ne peut être accordée que dans les cas prévus à l’article L.134-4 du Code général de la fonction publique, à savoir une mise en cause devant les juridictions judiciaires ou des poursuites pénales pour des faits qui n’ont pas le caractère d’une faute personnelle détachable des fonctions. Or, pour le Conseil d’État, « les amendes infligées par la Cour des comptes n’ont pas le caractère d’une sanction pénale ». Le Conseil d’État refuse ensuite d’élargir le champ du principe général du droit à la protection fonctionnelle (CE, 26/04/1963 n° 42783) aux poursuites devant les juridictions financières. Il estime ainsi que lorsqu’un agent public est poursuivi devant la chambre du contentieux de la Cour des comptes, « s’il est toujours loisible à l’administration de lui apporter un soutien, notamment par un appui juridique, technique ou humain dans la préparation de sa défense, ce principe n’impose pas à la collectivité de lui accorder une protection ». Le Conseil d’État semble avoir ainsi raisonné par analogie avec la procédure disciplinaire des agents publics où la mise en oeuvre de la protection fonctionnelle est également exclue (CE 9/12/2009 n° 312483).

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N°623 Mars - Avril 2025TROIS QUESTIONS À Arnaud Robinet

Cinq ans après le Covid, l’hôpital pilier de notre souveraineté

À l’occasion du cinquième anniversaire du premier confinement, la Fédération hospitalière de France publie la deuxième édition de son baromètre sur l’accès aux soins. L’analyse des évolutions de l’activité hospitalière, complétée par un sondage Ipsos portant sur le ressenti des Français, indique que nous sommes à un moment charnière. Sommes-nous mieux préparés aujourd’hui pour affronter les défis sanitaires de demain ?

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N°623 Mars - Avril 2025SANTÉ MENTALE ET PSYCHIATRIE

Un accès aux soins très dégradé

En cette année de santé grande cause nationale de la santé mentale, le groupe FHF psychiatrie dévoilait en début d’année une nouvelle édition de son livre blanc « Répondre à l’urgence et bâtir l’avenir de la psychiatrie », formulant une série de propositions, soutenant notamment la création d’une délégation interministérielle dédiée. Trois mois plus tard, les résultats de l’enquête Ipsos réalisée pour la FHF confirment la dégradation de l’accès aux soins en santé mentale et en psychiatrie, en particulier chez les jeunes, du fait de carences structurelles, mais aussi du regard sociétal sur ces questions encore taboues. Ainsi, les résultats publiés le 25 mars montrent qu’une personne sur deux souffrant de troubles psychiatriques rencontre des difficultés dans son accès aux soins, soit à cause des délais d’attente pour un rendez-vous avec un psychiatre (47%), soit en raison de l’impossibilité même d’avoir un rendez- vous. Obtenir un renouvellement de traitement en temps voulu est un obstacle pour 32% des répondants et 23% ont été confrontés à une rupture de stock d’un médicament. Ces carences sur le plan organisationnel sont d’autant plus importantes que la question de la psychiatrie fait toujours l’objet d’une stigmatisation certaine et inquiétante, avec 82% des Français interrogés jugeant ces questions taboues, 38% indiquant même avoir peur des personnes qui en souffrent. En parallèle, la situation des plus jeunes est préoccupante. L’année 2024 marque un recours aux soins à l’hôpital supérieur aux prévisions chez les 5-19 ans pour les séjours de médecine relatifs aux pathologies psychiatriques et aux intoxications (y compris volontaires). Le Covid, des freins au dépistage et des difficultés d’accès en amont pourraient expliquer ce phénomène, confirmé par plusieurs enquêtes récentes (Santé publique France, enquête EnCLASS 2022 et étude Enabee ; Inserm, étude Mentalo), mettant en évidence la nécessité d’agir.

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N°623 Mars - Avril 2025ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE

Inégalité de prise en charge de l’infarctus du myocarde

En France, « des registres nationaux ont démontré une inégalité dans la prise en charge de l’infarctus du myocarde chez la femme, entraînant une surmortalité ». C’est ce que dévoile le rapport de l’Académie nationale de médecine rendu public le 24 février. Plusieurs facteurs sont en cause. Premièrement, il existe un retard de prise en charge lié au temps écoulé entre le début d’apparition des symptômes et le contact médical. Ensuite, le délai entre la prise en charge et la revascularisation coronaire est plus long chez la femme que chez l’homme. Enfin, la femme bénéficie significativement moins du traitement optimal post-infarctus ainsi que de l’accès à la réadaptation. Cette disparité s’explique par plusieurs éléments, parmi lesquels les particularités anatomiques et les causes spécifiques de l’infarctus chez la femme, une sensibilité accrue aux facteurs de risques, une perception différente de la douleur ou encore une pathologie perçue comme principalement « masculine ». Il est à noter que la sous-représentation féminine dans les études cliniques et de recherche en cardiologie entraîne des répercussions non négligeables sur la compréhension de ces maladies chez les femmes. Sur la base de cette analyse, l’objectif de ce rapport est de sensibiliser la population et l’ensemble des acteurs de santé à cette problématique. Les auteurs formulent quatre recommandations concrètes pour améliorer la prévention, le diagnostic, la gestion et surtout le pronostic de cette maladie chez la femme : mettre en place des programmes de sensibilisation et de formation pour les professionnels de santé ; élaborer des protocoles de soins qui tiennent compte des particularités anatomiques et des causes spécifiques de l’infarctus chez les femmes ; sensibiliser le public aux facteurs de risques et aux symptômes de l’infarctus ; promouvoir la surveillance continue des tendances de l’infarctus chez les femmes et promouvoir la recherche. M. Gilard, « L’inégalité de prise en charge de l’infarctus du myocarde chez les femmes en France », groupe de travail rattaché à la commission 8, Académie nationale de médecine, 14 janvier 2025.

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N°623 Mars - Avril 2025RAPPORT IGAS

Transformation de l’offre sociale et médico-sociale

La Conférence nationale du handicap du 26 avril 2023 a fixé comme objectif d’ici à 2030 le passage « d’une logique de place à une logique d’offre de services coordonnés » pour mieux répondre aux besoins et attentes des personnes en situation de handicap, démarche à engager dans le cadre du plan national dit des « 50 000 solutions ». Suite à une lettre de mission de la ministre déléguée chargée des Personnes âgées et des Personnes handicapées datée du 21 février 2024, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a conduit une mission pour proposer un cadrage opérationnel de cette transformation sur l’ensemble du territoire. Dans son rapport du 24 mars 2025, l’Igas avance une série de recommandations reposant sur un double enjeu : le respect de l’égalité des droits des personnes et la diversité de leur parcours de vie. Partant du constat d’une dynamique de transformation encore hétérogène sur le territoire et la persistance de nombreux freins, notamment réglementaires, les auteurs proposent une stratégie d’ensemble articulée autour de quatre axes de réponse : supprimer les multiples catégories institutionnelles d’établissements sociaux et médico-sociaux (ESSMS) dédiés aux personnes en situation de handicap d’ici à 2030 au profit d’une catégorie transversale unique ; mobiliser les leviers financiers et numériques pour cette transformation ; fournir les outils nécessaires aux acteurs de la transformation (ESSMS ou autorités publiques) ; soutenir l’exercice des droits individuels des personnes en situation de handicap. Sur cette base, l’Igas a élaboré un plan d’action 2025-2030 accompagné de fiches d’impact détaillées. « Une telle transformation systémique nécessite un accompagnement financier et le plan d’aide à l’investissement de 500 M€ annoncé ne pourra seul y pourvoir », alerte le rapport. Igas, « Handicap : comment transformer l’offre sociale et médico-sociale pour mieux répondre aux attentes des personnes ? », rapport, 24 mars 2025.

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N°623 Mars - Avril 2025JOUTES

Revoir notre système de santé à travers le prisme de la durabilité

Les 3es Journées de la transformation écologique en santé (JOUTES) se sont tenues le 20 mars 2025 à Paris. « Nous ne pouvons plus dissocier crise écologique et crise sanitaire. Nos établissements doivent s’adapter, devenir vers résilients et nous devons leur donner les moyens d’agir », a réaffirmé en introduction Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF, avant de rappeler la nécessité de la création d’un fond vert. « Nous avons atteint un niveau de CO2 dans l’atmosphère inédit. C’est un cercle vicieux. Plus le changement climatique s’accentue, plus le système de santé est sollicité, et plus il utilise des énergies fossiles pour fonctionner », a alerté Baptiste Verneuil, ingénieur au Shift Project, avant de rappeler que la plupart des émissions émises par le système de soins (qui représente 8 % des émissions de gaz à effet de serre nationales) sont indirectes : alimentation, déplacements, médicaments et dispositifs médicaux. Les enjeux ? Consommer moins, et mieux. Pour le Pr Patrick Pessaux, président du comité Transition écologique en santé de la FHF, chef de service de chirurgie viscérale et digestive au CHU de Strasbourg et président du collectif Écoresponsabilité en santé, « nous vivons à un moment charnière. Il ne faut pas voir ces contraintes comme un fardeau, mais comme une opportunité de revoir notre système de santé, à travers le prisme de la durabilité ». Afin de faire émerger des solutions concrètes, cette journée était organisée autour d’une dizaine d’ateliers très opérationnels et d’une session plénière consacrée aux gaz médicaux : protoxyde d’azote, inhalateurs, gaz anesthésiques. Avec une alerte forte dès la première table ronde : l’ensemble des réseaux de protoxyde d’azote des établissements de santé fuient : pour un litre utilisé, 10 litres passent dans l’atmosphère. Or, un gramme de protoxyde d’azote est l’équivalent de 300 g équivalent CO2. « Il y a urgence à arrêter l’approvisionnement des réseaux muraux de protoxyde d’azote », a affirmé avec force le Pr Laurent Zieleskiewicz, chef de service adjoint du département d’anesthésie-réanimation à l’AP-HM, membre du comité Développement durable de la Sfar.

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N°623 Mars - Avril 2025RENCONTRES ANNUELLES DES CADRES

Prendre soin de soi-même pour mieux prendre soin de son équipe

Les Rencontres annuelles des cadres organisées par la FHF à la Cité universitaire de Paris les 31 mars et 1er avril 2025 ont réuni plus de 300 directeurs des soins, cadres de santé, cadres de pôle, cadres administratifs et techniques, attachés d’administration hospitalière et personnels encadrants des établissements sanitaires et médico-sociaux autour du thème : « Comment les cadres peuvent-ils prendre soin d’eux-mêmes pour mieux prendre soin de leurs équipes ? » De nombreux intervenants se sont relayés pour partager leurs expertises, leurs expériences et leurs idées. Six communications libres et huit ateliers ont permis de partager des initiatives venues du terrain et d’approfondir les thématiques qui font l’actualité dans l’encadrement. En conférence plénière, Romain Bégué, sous-directeur des ressources humaines du système de santé à la DGOS, a partagé les actualités législatives et réglementaires, dont la volonté de structurer la culture managériale dans une démarche nationale de « parcours manager », les mesures en faveur de l’égalité salariale femmes-hommes, les enjeux de l’évolution des métiers de cadre ou encore la refonte de la profession infirmière. Fabrice Pellerin, entraîneur de l’Olympic Nice Natation, est venu apporter son regard éclairé et sa conviction de l’importance du collectif dans la réussite de tout projet. Sandra Bertézène, professeur du Conservatoire national des arts et métiers et titulaire de la chaire Gestion des services de santé, a détaillé la thématique du « prendresoin des équipes ». Enfin, Guillaume Couillard, directeur général du GHU Paris Psychiatrie&Neurosciences, a partagé sa vision de l’amélioration continue à l’hôpital. Avec, en fil rouge, une volonté de « prendre soin du coeur (la santé des professionnels) pour mieux prendre soin de notre corps hospitalier », comme l’a rappelé Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF, en ouverture de ces journées.

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