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N°621 Novembre - Décembre 2024SÉMINAIRE NATIONAL DES HOSPITALIERS

Comment piloter les établissements dans un contexte incertain ?

Autour du thème « Comment piloter les établissements de santé et médico-sociaux dans un contexte incertain ? », le Séminaire des hospitaliers organisé par la FHF s’est tenu à Bordeaux les 14 et 15 octobre 2024. Au cœur de ces journées, la notion d’incertitude, définie par le Pr Frédéric Worm, philosophe, par « l’idée d’un savoir qui a conscience de ses limites ». Après l’analyse des évolutions du paysage hospitalier et de son activité depuis la crise sanitaire, l’avancement des travaux menés dans le cadre de la réforme du financement des activités MCO des établissements de santé a été présenté par Julie Pougheon, cheffe de service, adjointe à la directrice générale de l’offre de soins (DGOS). Lors d’une table ronde dédiée au financement des établissements médico-sociaux, le directeur général de la cohésion sociale (DGCS), Jean-Benoît Dujol a partagé sa préoccupation quant à la façon d’affronter la vague démographique à venir. Le bilan des expérimentations Article 51, don’t 94 sont en cours de déploiement, avec de fortes disparités régionales, a été dressé par Cécile Lambert, rapporteure générale du dispositif. En parallèle, de nombreuses initiatives de terrain ont été partagées, notamment sur les questions de l’évaluation de l’innovation, de la gestion des données patient ou encore des indicateurs de qualité et de sécurité des soins.

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N°621 Novembre - Décembre 2024COUR DES COMPTES

Des services d’urgence saturés, une transformation indispensable

La sollicitation excessive des services d’urgence résulte de deux évolutions démographiques contradictoires : la diminution de l’accessibilité des médecins et l’accroissement de la demande de soins. « Or, les mesures prises pour prendre acte de ces évolutions, parfaitement documentées et prévues, ne sont pas à la hauteur des adaptations nécessaires », constate la Cour des comptes dans un rapport publié le 19 novembre. L’objet de cette étude missionnée par la présidente de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale était d’évaluer l’efficacité des mesures adoptées en juin 2018 au titre du programme d’action « Ma santé 2022 », complétées, en décembre 2019, par le « Pacte de refondation des urgences », et de dresser un état des lieux du fonctionnement des structures des urgences (à l’exception des urgences spécialisées en psychiatrie, obstétrique et pédiatrie). Parmi les recommandations émises, le rapport pointe notamment la nécessité d’une « action plus énergique sur l’offre de soins de premier recours » et l’importance de la fluidité des sorties qui doit être « la préoccupation dominante », en particulier pour les patients âgés. Les auteurs insistent également sur la nécessité « d’améliorer la fiabilité des données au service de la qualité et de l’efficacité de l’activité des urgences », ce qui va de pair avec une meilleure information des usagers « sur la disponibilité des structures des urgences et sur la qualité du service rendu ». La FHF appelle à de plus fortes mesures de structuration de l’accès aux soins La FHF salue « l’analyse approfondie et précieuse proposée par la Cour des comptes sur l’état de saturation important qui caractérise les services d’urgence ». La réponse aux soins non programmés abordée rejoint les inquiétudes de la FHF, qui plaide elle aussi en faveur du renforcement des dispositifs de régulation et de réorientation des patients, ainsi que la structuration de l’offre de soins en ville. La Fédération regrette néanmoins « l’absence de préconisations plus claires sur les disparités des services d’urgence et l’évolution des financements régionaux ». Cour des comptes, « L’accueil et le traitement des urgences à l’hôpital. Des services saturés, une transformation indispensable du parcours des patients », communication à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, novembre 2024.

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N°621 Novembre - Décembre 2024IGAS

Un maillage territorial de la prévention

L’Inspection générale des affaires sociales formule 13 recommandations portant sur le financement d’actions de prévention primaire en établissement de santé, dans le cadre du compartiment de dotations relatives aux objectifs de santé publique introduit dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024. L’objectif majeur est celui d’un « maillage territorial de la prévention en lien avec l’ensemble des offreurs de soins, mais également d’autres acteurs qui jouent déjà un rôle majeur dans ce domaine comme les départements ». Afin de mieux ancrer la prévention primaire dans les pratiques des établissements de santé, la mission propose de mettre en place des actions similaires à celles déployées en Grande-Bretagne via l’approche Making Every Contact Count (MECC), en les centrant sur le tabac, l’alcool, l’alimentation et l’activité physique. Pour une mise en place durable, le financement doit être « incitatif et pérenne ». Le rapport préconise un déploiement « progressif mais irréversible » de ce dispositif, avec une phase pilote dès 2025 (sélection des projets par les agences régionales de santé) et une généralisation en 2027. Il est suggéré de consacrer à ces actions 12 M€ en 2025 et 163 M€ en 2027 dédiés à « la conception et la diffusion des outils de formation, la mobilisation des professionnels de santé pour conduire la démarche, et la prise en charge de leur formation et de leur animation ». Rapport Igas 2023-084R, « Le financement de la prévention primaire dans les établissements de santé », octobre 2024.  

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N°620 Septembre - Octobre 2024

D’où vient l’anorexie mentale ? Une révolte contre le faux soi

L’anorexie mentale est ici comprise comme une psychopathologie résultant d’un sentiment douloureux d’ignorance de soi-même. L’impossibilité pour le sujet anorexique de savoir et, plus fondamentalement, de sentir qui il est, se traduit par une tentative désespérée de donner corps et forme à une identité nette à travers l’amaigrissement. Mais l’anorexie mentale ne peut, ce faisant, que rigidifier à l’extrême la défense qui est à l’origine de la douleur psychique. La rémission ne pourra ainsi passer, à même de nouvelles expériences du corps et du lien aux autres, que par l’acceptation du retour à un état de vulnérabilité permettant l’assouplissement des défenses et le contact avec le soi profond.

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N°620 Septembre - Octobre 2024

Défis et propositions pour le système de santé français

Les élèves fonctionnaires de l’EHESP se sont prêtés à l’exercice de trouver des réponses innovantes aux enjeux auxquels le système de santé fait face. Un travail de réflexion portant une forte volonté de décloisonner les filières soignantes et administratives autour d’un projet commun : penser l’avenir du système de santé1.

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N°620 Septembre - Octobre 2024MALADIES RARES

Thérapies géniques : les perspectives d’un laboratoire de pointe

Quels sont les enjeux et les espoirs actuels suscités par les nouvelles thérapies géniques ? Leader mondial du secteur, Orchard Therapeutics propose de nouvelles solutions. Nous avons fait le point avec Cécile Sourdon, directrice générale d’Orchard Therapeutics France.

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N°620 Septembre - Octobre 2024IRAISER

Solution CRM : l’alliée de taille de vos campagnes de fin d’année !

La fin de l’année est une période cruciale pour les établissements de santé, les Instituts de recherche et les associations dans leur ensemble. En effet, 60 % des dons sont collectés au cours du dernier trimestre de l’année (source : benchmark iRaiser 2023 vs. 2022). C’est à ce moment que le volume de dons atteint son apogée, en grande partie en raison du calendrier fiscal et de l’élan de générosité associé à la période.

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N°620 Septembre - Octobre 2024

La communication des registres de contention et d’isolement et le Conseil d’État – Acte II

La Commission des citoyens pour les droits de l’homme, émanation de l’Église de scientologie, harcèle depuis de nombreuses années les hôpitaux pour obtenir communication des registres d’isolement et de contention des patients en psychiatrie, ainsi que de l’identité des professionnels qui prescrivent et administrent ces mesures. À rebours des jugements des tribunaux administratifs, le Conseil d’État a admis en 2023 que les hôpitaux occultent les mentions nominatives puis, en 2024, leur a accordé le remboursement des frais exposés à l’occasion de ces procédures.

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N°620 Septembre - Octobre 2024

Cadre juridique de la profession d’infirmier : quels changements en 2024 ?

Statut d’infirmier référent, protocoles de coopération, déploiement de la pratique avancée, recertification… Nous vous proposons ici un tour d’horizon, non exhaustif, des évolutions du cadre juridique et de l’ouverture du métier et des fonctions des IDE.

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N°620 Septembre - Octobre 2024100 ans au coeur de la santé

2006-2024 : la santé dans la tourmente

Les deux décennies qui viennent de s’écouler ont été marquées par un essor de la recherche, de la prévention, de la santé numérique et des innovations médicales. En parallèle de ces belles avancées, la situation financière des établissements sanitaires et médico-sociaux s’est dégradée de façon de plus en plus marquée. La crise de la Covid, inattendue et brutale, a montré la force inégalée, l’adaptabilité et la mobilisation sans faille des personnels de santé, mais aussi la fragilité de notre système de santé, unique et précieux. Aujourd’hui, les établissements peinent à se remettre de la pandémie, et la situation budgétaire des CHU, des CH et des établissements médico-sociaux publics n’a jamais été aussi critique. Face à ce constat préoccupant, la FHF demande une stratégie claire et pluriannuelle pour améliorer l’accès aux soins et présente les grandes orientations pour « agir maintenant, bâtir la santé de demain ».

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N°620 Septembre - Octobre 2024AUTONOMIE

Quel coût pour la décarbonation ?

Dans un rapport publié cet été, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) estime que pour réduire les gaz à effet de serre au niveau d’ambition fixé par les accords de Paris, les opérateurs du médico-social auraient à financer un surcoût de charge d’exploitation et d’amortissement de près de 100 millions d’euros la première année et qui, en cumulé, atteindrait 2,1 milliards d’euros en 2030, tandis que les investissements cumulés s’élèveraient à 10,3 milliards d’euros entre 2023 et 2030. Ce travail fait suite au rapport publié par la CNSA, l’EN3S et The Shift Project en avril 2024. Les établissements médicaux-sociaux et services à domiciles émettent autour de 10 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an. La CNSA évalue que moins d’un tiers des établissements publics et privés non lucratifs pourraient absorber le surcoût lié à la décarbonation et insiste sur la nécessité de trouver des schémas de financement adéquats, ainsi que de former les acteurs de l’écosystème.

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N°620 Septembre - Octobre 2024FRANCE 2030

Innovation et prévention

La stratégie nationale d’innovation au service de la prévention a été lancée le 28 août dernier. Pilotée par l’Agence de l’innovation en santé, elle sera dotée de 170 millions d’euros dans le cadre du volet santé de France 2030. L’objectif est de s’appuyer sur l’innovation pour faire face aux enjeux d’efficience, de qualité et de performance de notre système de santé. Cette stratégie est structurée autour de trois axes : la recherche, la démonstration de la valeur et le soutien à l’industrialisation. Un premier appel à projets, porté par Bpifrance et intitulé « Challenge prévention : démonstration de la valeur des innovations en vie réelle », est lancé et fera l’objet de plusieurs relèves dont quatre sont programmées d’ici à 2026. Cet appel à projets doit permettre « de faire émerger ou identifier des modèles économiques permettant la prise en charge pérenne de la prévention autours d’enjeux de santé publique ». Les projets retenus seront financés pour 12 à 48 mois, à hauteur de 5 à 10 millions d’euros.

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N°620 Septembre - Octobre 2024ENQUÊTE

Urgences : toujours en crise malgré une meilleure anticipation

«En dégradation, ou stable, par rapport à l’été dernier », voilà la situation des services d’urgence cet été selon l’enquête flash de la Fédération hospitalière de France (FHF) présentée le 3 septembre. Sur les 260 établissements interrogés, seuls 15 % ont vu une amélioration sur l’été 2024 par rapport à 2023. L’accès aux lits d’aval est l’une des difficultés majeures identifiées, avec les effectifs médicaux et la fermeture d’autres services d’urgence. L’enquête révèle une meilleure anticipation des situations critiques avec les ARS, qui a permis de limiter les fermetures, même si les implications des acteurs du territoire dans les moments de tension restent variables. L’enquête de l’association Samu-Urgences publiée le mardi 17 septembre corrobore ces résultats, avec 61 % des urgentistes répondants ayant constaté une dégradation de la situation de cet été par rapport à 2023.

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N°620 Septembre - Octobre 2024MISSION SÉNATORIALE

L’avenir de la santé périnatale et son organisation territoriale

«Une réorganisation de l’offre de soins assurant une sécurisation accrue des accouchements et, parallèlement, un renforcement du suivi en proximité durant la grossesse et après la naissance.» C’est ce que préconise le rapport de la mission d’information relative à l’avenir de la santé périnatale et son organisation territoriale, présenté le mercredi 11 septembre 2024. À l’origine de ce travail, un constat inquiétant : les indicateurs de santé des mères et nourrissons ne progressent plus, voire se dégradent, et certaines maternités présentent des fragilités préoccupantes. La mission sénatoriale formule une série de recommandations organisée en trois priorités : faciliter l’analyse des données portant sur les naissances et la mortalité néonatale par la création d’un registre national ; mieux accompagner les parents avec un suivi médical prénatal et postnatal coordonné, reposant prioritairement sur une offre de proximité ; anticiper la transformation de l’offre de soins périnatals avec une stratégie nationale de santé, afin de répondre aux impératifs de sécurité des soins et aux réalités des territoires.

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N°620 Septembre - Octobre 2024UNIVERSITÉS D’ÉTÉ

Santé et vérité

«Nous traversons en quelque sorte un quart d’heure de vérité pour notre système de santé. En évoquant la qualité du débat public, il s’agit bien de parler de notre capacité à agir», affirme Arnaud Robinet, président de la FHF, en ouverture des universités d’été de la Fédération, qui se sont tenues le 4 septembre à la Cité universitaire de Paris. Une journée au cours de laquelle le Pr Didier Samuel, président-directeur général de l’Inserm, le Pr Mathieu Molimard, chef du service de pharmacologie du CHU de Bordeaux, et le Dr Gloria Origgi, directrice de recherche au CNRS, ont partagé leurs constats et convictions sur le rôle sociétal de l’information, les moyens de lutte contre la désinformation et la définition du concept de vérité.

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