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N°629 Mars - Avril 2026RAPPORTS IGAS/IGF
L’urgence de repenser durablement l’organisation des soins dans les territoires
Dans deux rapports publiés le 18 février, les Inspections générales des affaires sociales (IGAS) et des finances (IGF) objectivent les déterminants de la situation financière des établissements de santé et préconisent un plan de consolidation de l’hôpital public à l’échelle des GHT. Le rapport 2025007R de l’IGAS évalue l’impact financier des revalorisations salariales du Ségur de la santé, des mesures pour soutenir le pouvoir d’achat des fonctionnaires et du coût de la forte inflation des années 2022 et 2023. L’IGAS aboutit à l’estimation d’un sousfinancement annuel cumulé de 1,7 Md€ à fin 2024, hors impact de l’inflation. Le rapport IGFIGAS décrit une « situation financière d’une gravité inédite » pour les établissements publics de santé, cinq ans après la crise Covid. Face à cette situation les auteurs recommandent « une transformation de l’organisation hospitalière territoriale [et] un changement d’échelle ».
Un plan de consolidation qui serait ainsi « piloté à l’échelle nationale par le Premier ministre, décliné à l’échelle régionale par les ARS en engageant les GHT à travers des contrats de consolidation préparés et signés par eux ». Dans un communiqué publié le 19 février, la FHF prend acte des conclusions du rapport de l’IGAS qui « valide les ordres de grandeur avancés par la FHF en matière de sous-financement des mesures de ressources humaines », même si elle regrette que la mission n’ait pas pu être « pleinement conclusive quant au sous-financement lié à l’inflation ».
En parallèle, la FHF estime qu’une part significative des constats relatifs à la productivité doit « être recontextualisée à l’aune de la reprise observée en 2024 et 2025, marquée par une croissance de l’activité de + 4 % ». Elle rappelle que « malgré un cadre budgétaire extrêmement contraint, l’hôpital public continue de démontrer sa performance ». Face à la dégradation des comptes hospitaliers, « la consolidation du système de santé appelle des réformes profondes de son organisation et de son pilotage », avec des solutions « avant tout territoriales » affirme la FHF, qui appelle à « ouvrir un débat responsable, fondé sur les faits, au service de l’accès aux soins et de la pérennité du système de santé ».
Rapport IGAS 2025-007R/Rapports IGF 2025-E-023-02/IGAS 2025-030R, publiés le 18/02/2026.
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N°629 Mars - Avril 2026DREES
Élargir l’offre médico-sociale : un impératif à l’horizon 2050
En 2050, près de 23 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus vivront en France, soit 5 millions de plus qu’en 2021. 738 000 personnes supplémentaires seraient en perte d’autonomie en 2050. En se basant sur ces projections (données du modèle Lieux de vie et autonomie [LIVIA] rendues publiques en décembre 2025), la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) évalue les besoins à venir.
Selon cette étude, conserver les pratiques actuelles d’entrée en Ehpad des personnes âgées en perte d’autonomie supposerait de créer 365 000 places supplémentaires entre 2021 et 2050, qui s’ajouteraient aux 640 000 existantes en 2021. À défaut, les Ehpad seraient contraints de se spécialiser dans l’accueil des personnes âgées les moins autonomes et le besoin d’habitat intermédiaire pour les seniors serait alors multiplié par 4,6 d’ici à 2050.
En parallèle, le nombre de personnes âgées qui vivent en logement ordinaire ou en résidence autonomie bénéficiant de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile augmenterait de plus de 60 %. Le nombre d’emplois en équivalent temps plein (ETP) d’aides à domicile suivrait la même tendance. Au total, pour prodiguer les soins de base aux personnes âgées en perte d’autonomie à domicile ou en Ehpad, entre 150 000 et 200 000 emplois supplémentaires seraient nécessaires en 2050.
Drees, Études et résultats, n° 1365, 05/02/2026
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N°629 Mars - Avril 2026CCNE
États généraux de la bioéthique 2026
Le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) a lancé fin janvier les États généraux de la bioéthique 2026. Démarche nationale de réflexion collective, ces États généraux sont une des étapes préalables à la révision de la loi de bioéthique, qui a lieu tous les sept ans, la dernière datant de 2021.
Présidée par JeanFrançois Delfraissy, cette édition accorde une place renforcée aux jeunes (à travers des outils et formats adaptés, notamment numériques), et aux territoires (afin que le débat prenne en compte la diversité des situations locales, y compris en outremer). De nouveaux champs de réflexions seront ouverts en 2026 : la sobriété en médecine, les enjeux de la prévention en santé, et la santé en outremer. Lancés en janvier, les débats auront lieu jusqu’en mai. En juin, une publication de la synthèse des contributions citoyennes sera rendue publique, avant la publication de l’avis du CCNE, prévue à l’automne.
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N°629 Mars - Avril 2026ACTEURS DE LA FRENCH CARE
Next Gen Leaders en santé, lauréats 2026
Les Acteurs de La French Care ont lancé en 2025 le programme Next Gen Leaders en Santé, visant à identifier et promouvoir les jeunes talents qui transforment le secteur de la santé dans cinq domaines : Académique, Biotech, Medtech, Numérique en Santé et Système de Santé. Le jury, composé d’acteurs publics et privés du secteur (notamment Bpifrance, la FHF, PariSanté Campus et l’AIS) ont désigné les lauréats 2026 lors d’une soirée dédiée le 5 mars à PariSanté Campus.
Parmi ces derniers, dans la catégorie « système de santé », Julie Dupouy, médecin généraliste et professeure des universités, est reconnue pour ses travaux visant à améliorer la prise en charge des patients vulnérables et à structurer la recherche en soins primaires, aux niveaux local, régional et national. Dans cette même catégorie, Nicolas Salvi, directeur du CH de Valenciennes, du CH de Fourmies et du GHT des Hôpitaux Hainaut Cambrésis, est primé pour sa politique RSE intégrant durablement la transition environnementale.
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N°629 Mars - Avril 2026
Soins et territoires : agir ensemble
À l’approche des élections municipales, la question de l’accès aux soins s’impose comme un enjeu majeur. Selon l’enquête « Les Français et la santé locale » menée par la Fédération hospitalière de France avec l’institut Verian, 80 % des personnes interrogées ont été confrontées au renoncement aux soins au moins une fois au cours de l’année passée.
Dans de nombreuses communes, obtenir un rendez-vous médical, trouver un médecin traitant ou accéder à certains spécialistes relèvent désormais du parcours d’obstacles. Cette situation fragilise l’égalité d’accès aux soins, l’un des fondements de notre pacte social, alors même que les besoins de santé évoluent sous l’effet du vieillissement et de la progression des maladies chroniques.
Face à ces défis, une conviction s’impose : l’accès aux soins ne pourra être garanti que par la mobilisation collective et coordonnée des acteurs locaux. Hôpitaux publics, professionnels de ville, secteur médico-social, élus et acteurs de la prévention doivent agir de manière toujours plus étroite et structurée. La santé est désormais un enjeu territorial majeur, qui appelle des réponses nouvelles, au plus près des besoins des populations.
C’est précisément le sens de la démarche de responsabilité populationnelle : dépasser les logiques d’organisation cloisonnées pour mieux répondre aux besoins de santé sur un territoire. Là où elle est mise en œuvre, les résultats sont déjà tangibles. Dans les territoires pionniers engagés dans cette dynamique, la part d’admissions par les urgences pour les patients diabétiques de type 2 est ainsi passée de 21 % à 12 %, tandis que la part des séjours ambulatoires a progressé de 37 % à 61 %, pour un coût inférieur à 6 %.
La responsabilité populationnelle prouve ainsi qu’une transformation systémique peut émerger par le terrain.
Mais ces transformations ne pourront se faire sans une vision nationale claire et durable. Le défi démographique impose d’agir dès à présent. À l’horizon 2050, la France comptera près de 23 millions de personnes âgées de 60 ans et plus, soit cinq millions de plus qu’aujourd’hui. Anticiper la perte d’autonomie, renforcer les équipes et diversifier les solutions d’accompagnement doivent relever d’une stratégie nationale de long terme.
C’est pourquoi la Fédération hospitalière de France plaide pour l’adoption d’une véritable loi de programmation « Grand âge », seule capable de donner aux acteurs de terrain la visibilité et les moyens nécessaires pour accompagner la transition démographique.
Les 60 ans de SantExpo offriront, à cet égard, une occasion privilégiée de se projeter vers l’avenir et de partager une conviction simple : l’égalité d’accès aux soins ne se décrète pas, elle se construit.
Rendez-vous du 19 au 21 mai pour une édition placée sous le thème : « L’excellence en santé, un engagement pour toutes les générations. »
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N°628 Janvier - Février 2026
Making Every Contact Count – Une expérimentation réussie au CHU d’Angers
Les enjeux actuels de financement du modèle français de protection sociale nécessitant des choix exigeants, investir le champ de la prévention représente une solution crédible et nécessaire pour limiter la tension sur la demande en soin. Dès lors, il convient d’identifier un modèle probant et transposable pour l’ensemble des acteurs du système de santé. La démarche anglo-saxonne Making Every Contact Count (MECC), que l’on pourrait adapter en français par « chaque interaction [avec un professionnel de santé] est une opportunité de prévention » répond à ces impératifs. Acteurs actuellement peu engagés dans la prévention primaire, les établissements de santé sont pourtant légitimes pour devenir un maillon de la chaîne1. C’est l’orientation prise par le CHU d’Angers.
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N°628 Janvier - Février 2026
Travailler en réseau en pédopsychiatrie – Les ponts, l’éponge et les remparts
Dans un contexte de complexification des parcours de soins en pédopsychiatrie, le travail en réseau s’impose comme une évidence… qui reste pourtant difficile à mettre en oeuvre au quotidien. À partir d’une situation clinique fictive, cet article propose de penser le réseau à travers trois fonctions métaphoriques : les ponts, l’éponge et les remparts. Les auteurs montrent comment ces fonctions sont les conditions de (I) l’émergence d’un travail transdisciplinaire entre des partenaires issus de mondes différents, (II) l’absorption des matériaux archaïques violents reçus, puis leur restitution sous une forme filtrée et détoxifiée, (III) et la pose de limites protectrices pour le jeune.
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N°628 Janvier - Février 2026
Hypnose, psychothérapie, éducation thérapeutique… Les interventions non médicamenteuses à l’hôpital, entre essor et cadre à construire
Les interventions non médicamenteuses (INM) suscitent un intérêt croissant de la part des hospitaliers. Une enquête menée auprès de 419 médecins et soignants du CHU de Montpellier indique l’usage de ces pratiques immatérielles de prévention et de soin dans tous les services. Psychothérapies ciblées, protocoles d’hypnose, méthodes de rééducation et programmes d’éducation thérapeutique sont les plus cités.
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N°628 Janvier - Février 2026REGARDS CROISÉS
Financement de l’innovation – Quelles perspectives pour 2026 ?
Alors que la ministre de la Santé vient de lancer la stratégie nationale « Intelligence artificielle et données de santé » 2025-2028, David Sainati, coresponsable de la DNS, partage avec Laurent Pierre, conseiller numérique à la FHF, et Quentin Poitou, directeur du fonds FHF pour la recherche et l’innovation, l’impératif d’une gouvernance et d’un modèle de financement basés sur les besoins cliniques et organisationnels, pour l’adoption et le déploiement à grande échelle de la data et de l’IA.
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N°628 Janvier - Février 2026
IA à l’hôpital – Mettre un peu de sécurité juridique dans tout ça ?
Les personnalités naturellement résistantes au changement en seront pour leurs frais. L’intelligence artificielle (IA) est sans conteste l’un des termes les plus employés de cette année 2025 : un levier, un outil, une opportunité… à la portée de toutes les mains… et de tous les claviers. L’hôpital n’y échappe pas, tant les occasions sont nombreuses pour les professionnels de s’en saisir dans leur pratique professionnelle. Reste que l’IA à l’hôpital touche souvent, et par nature, un matériau sensible d’un point de vue juridique : le patient et, à travers lui, la donnée médicale (mais pas seulement). Alors, pour que les opportunités ne se transforment pas en chausse-trapes, cet article propose d’identifier les pièges, afin d’initier une démarche d’intégration sécurisée de l’IA dans la pratique hospitalière.
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N°628 Janvier - Février 2026VOEUX FHF
La santé, pilier essentiel du lien social et du pacte républicain
Le 13 janvier, la traditionnelle cérémonie des voeux de la Fédération hospitalière de France s’est tenue en présence de David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État. Arnaud Robinet, président de la FHF, l’affirme, « la santé ne se réduit pas au système de soins, mais constitue un pilier essentiel du lien social et du pacte républicain ».
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N°628 Janvier - Février 2026INFOGRAPHIE
Venons-en aux faits
La FHF publie début janvier un livret dédié aux chiffres clés de l’hôpital, démontrant la performance de l’hôpital qui prend en charge chaque année 540 000 naissances, 100 % des greffes, 85 % des séjours de réanimation et plus de 80 % des cancers pédiatriques. Moteur de l’excellence médicale, il fonctionne sans faiblir malgré les contraintes budgétaires et orchestre plus de 200 métiers. Une performance qui « n’est pas seulement structurelle : elle est dynamique. En 2024 et 2025, l’activité progresse d’environ 4 %, tandis que l’absentéisme recule. Un cercle vertueux s’installe », rappelle Arnaud Robinet, président de la FHF, lors de la conférence de presse du 13 janvier.
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N°628 Janvier - Février 2026GRANDE CAUSE NATIONALE
« Parlons santé mentale ! » Un mot d’ordre réaffirmé en 2026
Annoncée par Michel Barnier en septembre 2024, puis officiellement lancée en janvier 2025, la grande cause nationale labellisée « Parlons santé mentale ! » sera prolongée en 2026*. En choisissant de confirmer l’engagement des pouvoirs publics en ce sens, le Gouvernement envoie un signal fort aux patients et à leurs proches. L’appel de 1 500 personnalités issues du monde hospitalier public et du secteur psychiatrique mobilisés ces dernières semaines derrière la FHF** a été entendu. Si les efforts de l’année passée ont déjà permis de faire bouger les lignes, l’urgence de la psychiatrie s’aggrave, en particulier pour les jeunes.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « En 2024, le recours aux soins hospitaliers chez les 5-19 ans était supérieur aux attendus de 32 % pour les séjours de médecine pour pathologie psychiatrique, et de 25 % pour le champ toxicologie, intoxication, alcool. Au global, un tiers des 11-24 ans déclare des signes de détresse psychologique de type anxio-dépressif modéré à sévère d’après une étude inédite de Santé publique France conduite sur 17 000 jeunes pendant plusieurs années ». La FHF l’affirme, « nous avons le devoir d’agir », et ce « à la hauteur de la détresse de notre jeunesse » **. Le comité FHF Psychiatrie poursuit ses actions, notamment via la prolongation du programme de déstigmatisation de la psychiatrie « La tête haute » initié en 2025, en partenariat avec la Casden Banque Populaire***.
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N°628 Janvier - Février 2026SANTEXPO 2026
A vos candidatures !
Cette année encore, de nombreux prix seront remis par la Fédération hospitalière de France et le Fonds FHF lors du congrès SantExpo qui se tiendra du 19 au 21 mai 2026 à Paris, Porte de Versailles. Tous ont pour vocation de mettre en lumière des initiatives d’établissements de santé, sanitaires et médico-sociaux publics. Vous trouverez ci-dessous les dates et modalités de candidature pour chacun d’entre eux. À vous de jouer !
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N°628 Janvier - Février 2026COUR DES COMPTES
Évolution démographique : quels impacts sur les finances publiques ?
Dans un rapport publié le 2 décembre, la Cour des comptes souligne que le vieillissement rapide de la population française, lié à la baisse de la natalité et à l’allongement de l’espérance de vie, aura des effets majeurs et insuffisamment anticipés sur la croissance, les recettes publiques et la structure des dépenses.
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